Esprit Français

Publié le 21 juin 2026 par Équipe Esprit Français

Jours fériés en France : ce qu'ils commémorent à l'entretien

La France compte 11 jours fériés. Ce que commémorent le 8 mai, le 11 novembre ou le 14 juillet, et comment en parler à l'entretien de naturalisation.

Un agent de préfecture vous demande pourquoi le 11 novembre est férié. Vous hésitez, vous confondez avec le 8 mai, et le doute s’installe pour le reste de l’entretien. Ce genre de question revient souvent. La France compte 11 jours fériés en France au niveau national, et chacun raconte un morceau de l’histoire du pays : une guerre, une République, un combat social ou une fête religieuse héritée des siècles passés. Les connaître, c’est montrer que vous comprenez ce que la France célèbre, et donc ce qu’elle est.

Tombe du Soldat inconnu et flamme du souvenir sous l'Arc de Triomphe à Paris, lieu des cérémonies du 8 mai et du 11 novembre
La Tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, où sont ravivées les cérémonies du 8 mai et du 11 novembre. Carte postale ancienne, domaine public (Wikimedia Commons).

Combien y a-t-il de jours fériés en France ?

Onze. Pas un de plus au niveau national. Les voici, dans l’ordre du calendrier : le 1er janvier (jour de l’An), le lundi de Pâques, le 1er mai (fête du Travail), le 8 mai (victoire de 1945), l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet (fête nationale), le 15 août (Assomption), le 1er novembre (Toussaint), le 11 novembre (armistice de 1918) et le 25 décembre (Noël).

Ces dates sont fixées par l’article L3133-1 du Code du travail. Un détail qui surprend beaucoup de candidats : en France, un seul de ces jours est obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, c’est le 1er mai. Les autres peuvent être travaillés selon les conventions et les secteurs. À l’entretien, personne ne vous demandera le détail du droit du travail. Mais savoir qu’il existe onze jours, et pouvoir en citer quatre ou cinq avec leur sens, fait toute la différence.

On peut les ranger en deux familles. Les jours civils, liés à l’histoire de la nation (1er mai, 8 mai, 14 juillet, 11 novembre). Et les jours religieux, hérités de la tradition chrétienne (Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption, Toussaint, Noël). Cette distinction est précieuse, parce qu’elle ouvre directement sur la question de la laïcité à l’entretien de naturalisation, que nous verrons plus loin.

Que commémorent le 8 mai et le 11 novembre ?

Ce sont les deux dates qu’on confond le plus, et les deux qui tombent le plus souvent à l’entretien. Retenez une logique simple : le 11 novembre regarde vers la Première Guerre mondiale, le 8 mai vers la Seconde.

Le 11 novembre commémore l’armistice du 11 novembre 1918, signé dans une clairière de Rethondes, qui met fin aux combats de la Première Guerre mondiale après quatre ans d’une guerre qui a fait près de 1,4 million de morts français. C’est un jour de recueillement, pas de victoire célébrée en fanfare. Chaque année, le président de la République ravive la flamme sur la Tombe du Soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe, où repose depuis 1920 un soldat anonyme tombé pour la France.

Le 8 mai marque la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945 et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. La journée a une histoire mouvementée : supprimée comme jour férié sous le général de Gaulle, elle a été rétablie par François Mitterrand en 1981, et l’est restée depuis. Si l’agent vous interroge, une réponse claire suffit :

Le 8 mai, on commémore la victoire de 1945 et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Le 11 novembre, l’armistice de 1918 qui a mis fin à la Première Guerre mondiale.

Voilà. Deux phrases, deux guerres, aucune confusion. C’est exactement ce que l’examinateur attend.

Le 1er mai et le 14 juillet : le travail et la République

Tous les jours fériés ne parlent pas de guerre. Deux d’entre eux disent quelque chose de plus profond sur les valeurs françaises.

Le 1er mai, fête du Travail, célèbre les luttes ouvrières et les droits sociaux. Son origine remonte aux mobilisations pour la journée de huit heures à la fin du XIXe siècle. C’est aussi le jour où l’on offre du muguet, une tradition populaire qui n’a rien d’officiel mais que tout le monde connaît. À l’entretien, relier le 1er mai à l’idée d’égalité et aux acquis sociaux montre que vous avez saisi un pilier du modèle français, celui que prolonge aussi la Sécurité sociale.

Le 14 juillet est la fête nationale. Beaucoup répondent « la prise de la Bastille », ce qui est juste mais incomplet. La date commémore officiellement deux événements : la prise de la Bastille de 1789 et la Fête de la Fédération de 1790. Ce point précis fait souvent la différence, et nous lui avons consacré un article entier : que symbolise vraiment le 14 juillet. Retenez surtout que c’est le jour où la République se montre, avec le défilé militaire sur les Champs-Élysées et les feux d’artifice dans chaque commune.

Des fêtes religieuses dans un pays laïque, est-ce contradictoire ?

C’est une question piège que certains agents aiment poser, et beaucoup de candidats se troublent. Comment un État laïque peut-il avoir Noël, l’Assomption ou la Toussaint comme jours fériés officiels ?

La réponse tient en un mot : l’histoire. La laïcité française, fixée par la loi de 1905 séparant les Églises et l’État, garantit la liberté de croire ou de ne pas croire et impose la neutralité de l’État. Elle n’efface pas pour autant le passé chrétien du pays. Six des onze jours fériés ont une origine religieuse, parce qu’ils étaient déjà des fêtes populaires bien avant que la République n’existe. Les conserver relève du patrimoine culturel, pas d’une préférence pour une religion.

La bonne formulation, si on vous pousse sur le sujet :

La France est laïque, l’État ne reconnaît aucune religion. Mais certains jours fériés sont d’origine chrétienne pour des raisons historiques et culturelles. Aujourd’hui, ils sont fêtés par tout le monde, croyants ou non.

Cette nuance compte. Elle prouve que vous distinguez l’héritage historique d’une croyance imposée, ce qui est précisément l’esprit de la laïcité française. Pour creuser cette logique, notre dossier sur la laïcité au cœur de l’entretien détaille les pièges les plus fréquents.

Un point de culture générale qui peut impressionner : dans les départements d’Alsace et de Moselle, le droit local maintient deux jours fériés de plus, le Vendredi saint et la Saint-Étienne (26 décembre), héritage de la période où ces territoires étaient allemands. Ce n’est pas indispensable à connaître, mais cela montre une vraie maîtrise du sujet.

Ce qu’il faut retenir pour l’entretien

Ne cherchez pas à réciter les onze dates d’un trait, personne ne vous le demandera. Ce que l’agent veut entendre, c’est que vous comprenez le sens de ces journées. Soyez capable de :

  • citer les deux guerres mondiales et leurs dates de fin (11 novembre 1918, 8 mai 1945) ;
  • expliquer que le 14 juillet est la fête nationale liée à la Révolution ;
  • relier le 1er mai au travail et aux droits sociaux ;
  • justifier la présence de fêtes religieuses par l’histoire et la culture, sans contredire la laïcité.

Si vous bloquez sur une date précise, dites-le simplement et enchaînez sur ce que vous savez. Mieux vaut une réponse honnête et structurée qu’un chiffre inventé. C’est d’ailleurs la règle d’or quand vous ne connaissez pas la réponse à une question.

Ces dates ne sont pas des cases à cocher. Elles racontent ce que la France a traversé et ce qu’elle a choisi de retenir : des guerres surmontées, une République conquise, des combats sociaux, un héritage culturel assumé. Le jour où vous saurez en parler avec vos mots, vous ne réviserez plus pour un examen. Vous parlerez d’un pays qui est en train de devenir le vôtre.

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