Publié le 26 octobre 2026 par Équipe Esprit Français

Carte de résident longue durée-UE : examen civique et conditions

Carte de résident longue durée-UE en 2026 : examen civique mention carte de résident, niveau B1, 5 ans de séjour, Smic, coût de 350 € et pièges du dossier.

La phrase revient sans cesse chez les candidats : « J’ai mes cinq ans, mon CDI, je demande la carte de résident longue durée-UE. L’examen civique, c’est seulement pour la naturalisation. » C’est faux. Depuis le 1er janvier 2026, la première demande de carte de résident longue durée-UE exige la réussite à l’examen civique, mention « carte de résident », en plus d’un niveau de français B1. Le reste du dossier n’a pas bougé : cinq ans de séjour régulier, des ressources au moins égales au Smic, une assurance maladie. Voici ce que la préfecture vérifie, dans quel ordre s’y prendre, et les erreurs qui coûtent plusieurs mois.

Les cinq conditions de la carte de résident longue durée-UE en 2026Pour une première carte de résident longue durée-UE, il faut cinq ans de séjour régulier et ininterrompu, des ressources au moins égales au Smic, une assurance maladie, un niveau de français B1 et l’attestation de réussite à l’examen civique mention carte de résident. Le préfet demande aussi l’avis du maire. Les plus de 65 ans ne passent ni le test de langue ni l’examen civique.Carte de résident longue durée-UE : le dossier en 20261. Cinq ans de séjourrégulier et ininterrompu2. Ressources stablesau moins le Smic, hors prestations3. Assurance maladieobligatoire4. Français niveau B1nouveau depuis le 1er janvier 20265. Examen civique, mention « carte de résident »40 questions, 45 minutes, 32 bonnes réponses pour réussir, attestation sans date de finLe préfet demande l’avis du maire de votre commune.Plus de 65 ans : ni test de langue, ni examen civique.Sources : service-public.gouv.fr, fiches F17359 (vérifiée le 1er juin 2026) et F39530.
Les deux conditions en rouge sont celles que la plupart des candidats découvrent au guichet. Les trois autres existaient déjà avant 2026.

Faut-il passer l’examen civique pour la carte de résident longue durée-UE ?

Oui, pour une première demande. La fiche officielle sur l’examen civique, F39530 de service-public.gouv.fr, range la carte de résident longue durée-UE parmi les titres concernés, et vise quatre profils :

  • les titulaires d’un passeport talent ou d’une carte bleue européenne qui ont dépassé cinq ans, et leur famille ;
  • les réfugiés et leur famille ;
  • les bénéficiaires de la protection subsidiaire et leur famille ;
  • les étrangers en séjour régulier ininterrompu depuis au moins cinq ans qui disposent de ressources suffisantes, stables et régulières.

Le troisième point surprend. Pour la carte de séjour pluriannuelle, la protection subsidiaire est au contraire hors champ. Pour la longue durée-UE, la fiche officielle la met dedans. Si votre préfecture vous dit autre chose, demandez-lui une réponse écrite et gardez-la : c’est elle qui instruit.

La mention à passer est « carte de résident », pas « carte de séjour pluriannuelle ». Les deux épreuves ont le même format, mais l’attestation porte la mention choisie à l’inscription. Une attestation « carte de résident » vaut aussi pour une carte pluriannuelle. L’inverse, la fiche officielle ne le dit pas. Nous ne parierions pas un dossier là-dessus.

Deux catégories échappent à l’épreuve. Les plus de 65 ans d’abord : pour eux, l’intégration s’apprécie seulement sur l’engagement à respecter les principes de la République et sur leur respect effectif. Ensuite les personnes dont le handicap ou l’état de santé rend l’évaluation impossible, sur certificat médical au modèle officiel (nous avons détaillé ce cas dans notre article sur la dispense médicale de l’examen civique).

Et le renouvellement d’une carte longue durée-UE déjà obtenue ne redemande pas l’examen. Seule la première délivrance compte.

Les cinq ans de séjour : quels titres comptent vraiment ?

C’est ici que se joue la moitié des refus que nous voyons passer. Cinq ans en France ne suffisent pas. Il faut cinq ans sous certains titres. La fiche F17359 de service-public.gouv.fr donne la liste :

  • visa de long séjour valant titre de séjour ;
  • carte de séjour temporaire visiteur ;
  • carte temporaire ou pluriannuelle vie privée et familiale, sauf protection subsidiaire, dépôt de plainte pour certaines infractions et témoignage dans une procédure pénale ;
  • carte temporaire ou pluriannuelle salarié ;
  • carte temporaire ou pluriannuelle entrepreneur/profession libérale ;
  • carte pluriannuelle talent, sauf salarié en mission et sa famille ;
  • carte de résident.

Relisez la liste. La carte étudiant n’y figure pas. Quelqu’un arrivé en master en 2019, salarié depuis 2022, n’a pas sept ans de séjour utile au sens de cette fiche : il en a quatre. C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus frustrante, parce qu’elle se découvre après des semaines d’attente.

Le séjour doit aussi être ininterrompu. Des absences restent possibles, dans une limite précise : six mois consécutifs au maximum, et dix mois au total sur les cinq ans. Elles sont alors comptées dans la durée. Un congé de neuf mois au pays pour s’occuper d’un parent malade casse la continuité. Mieux vaut le savoir avant de réserver le billet.

Deux régimes particuliers changent le calcul :

  1. Réfugiés et protection subsidiaire : les cinq ans partent de la date de dépôt de la demande d’asile, pas de la date de la décision.
  2. Carte bleue européenne : deux ans en France sous ce titre suffisent, à condition d’avoir séjourné régulièrement au moins trois ans auparavant, en France ou dans un autre pays de l’Union, comme titulaire d’une carte bleue, d’une carte « hautement qualifié », d’une carte « chercheur » ou d’une carte de réfugié ou de protection subsidiaire. Les absences admises sont alors plus larges : douze mois consécutifs, dix-huit mois au total.

Le texte de fond est européen. La directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003 a créé ce statut commun à tous les États membres, transposé dans le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (articles L. 421-12 et L. 433-7). C’est pour cela que la carte porte « UE » dans son nom.

Ressources, niveau B1, examen civique : ce que le préfet regarde

Le Smic, mais pas n’importe quels revenus

Vos revenus doivent atteindre au moins le Smic, soit 1 867,02 € bruts mensuels selon la fiche officielle vérifiée le 1er juin 2026. Toutes vos ressources propres comptent : salaire, revenus d’activité indépendante, pension. En revanche, certaines prestations sont exclues du calcul, et la liste est longue : Paje, allocations familiales, complément familial, allocation de logement, AEEH, ASF, ARS, AJPP, RSA, ASS.

Un couple qui atteint le Smic grâce aux allocations familiales ne l’atteint donc pas aux yeux de la préfecture. Les bulletins de paie et avis d’imposition des cinq ans sont demandés, et l’administration regarde la tendance, pas seulement le dernier mois.

Une exception : pas de justificatif de ressources si vous percevez l’AAH avec un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou l’allocation supplémentaire d’invalidité.

L’intégration républicaine, en trois pièces

Pour la longue durée-UE, la condition d’intégration s’apprécie sur quatre éléments listés par service-public.gouv.fr : l’engagement signé à respecter les principes de la République, le respect effectif de ces principes, une connaissance du français de niveau B1, et la réussite à l’examen civique mention « carte de résident ». Le préfet saisit en plus le maire de votre commune pour avis.

Le B1, c’est un cran sérieux. Un niveau où l’on raconte un événement, où l’on donne son avis simplement, où l’on comprend l’essentiel d’une émission de radio sur un sujet familier. Beaucoup de salariés qui parlent couramment au travail découvrent à l’écrit qu’ils n’y sont pas. Testez-vous tôt.

L’examen civique, lui, se passe dans un centre agréé : 40 questions à choix multiples, dont 28 de connaissance et 12 mises en situation, en 45 minutes au plus, réussite à 32 bonnes réponses. Les mises en situation sont souvent le point faible des candidats qui ont seulement appris des dates. Notre guide sur les mises en situation de l’examen civique montre comment elles sont construites.

Combien coûte la carte de résident longue durée-UE, et que permet-elle ?

Situation Montant Détail
Première délivrance 350 € droit de timbre 50 € + taxe 300 €
Vous avez déjà un titre en cours de validité 250 € droit de timbre 50 € + taxe 200 €
Renouvellement de la carte longue durée-UE 250 € payé à la remise de la carte
Demande hors délai + 180 € droit de visa de régularisation, sauf force majeure ou visa valide

Source : service-public.gouv.fr, fiche F17359. Paiement en timbres fiscaux. Ces montants ne comprennent pas l’inscription à l’examen civique ni le test de langue, facturés par les centres.

En échange, la carte est valable 10 ans et renouvelable. Délivrée en France, elle autorise à travailler. Son vrai atout tient au « UE » : elle permet de séjourner plus de trois mois dans un autre pays de l’Union sans visa de long séjour. Il faudra ensuite demander un titre dans ce second pays, selon le motif de l’installation. Pour un ingénieur qui vise un poste à Munich ou à Bruxelles, c’est un argument décisif face à la carte de résident « classique ».

La carte se perd aussi. Elle devient périmée en cas de résidence hors de l’Union pendant plus de trois ans consécutifs, de résidence hors de France pendant six ans consécutifs, ou si vous obtenez le même statut dans un autre pays européen. À son terme, vous pouvez la renouveler ou demander à la place une carte de résident permanent.

Par où commencer quand on vise cette carte ?

Notre conseil tient en une phrase : passez le test de français et l’examen civique avant d’ouvrir le dossier, pas pendant.

L’attestation de réussite à l’examen civique n’a pas de durée de validité, confirme la fiche F39530. Rien ne vous empêche donc de la décrocher six mois ou un an avant vos cinq ans. En cas d’échec, vous repassez sans pression de calendrier. À l’inverse, celui qui attend la convocation en préfecture pour s’inscrire risque de déposer un dossier incomplet, ou de demander hors délai et de payer les 180 € de régularisation.

L’ordre que nous recommandons :

  1. vérifier que vos cinq ans sont bien des années « utiles » (titres de la liste, absences dans les limites) ;
  2. rassembler les justificatifs de ressources des cinq ans et repérer les mois sous le Smic ;
  3. passer le test de langue au niveau B1 ;
  4. vous inscrire à l’examen civique mention « carte de résident » dans un centre agréé, en suivant notre guide sur l’inscription à l’examen civique ;
  5. déposer la demande, sur l’ANEF entre quatre et deux mois avant la fin de votre titre actuel si vous passez par le renouvellement en ligne, ou à tout moment en préfecture dès que les conditions sont réunies.

Si vous hésitez encore entre carte de résident, carte pluriannuelle et naturalisation, notre questionnaire d’éligibilité vous indique en quelques questions quelle démarche vous est ouverte et quelle mention préparer. Pour mesurer votre niveau avant de payer une inscription, l’examen civique blanc reprend le format officiel en 40 questions. L’application Esprit Français prépare la mention « carte de résident » question par question, mises en situation comprises. Elle ne garantit aucun résultat : c’est vous qui passez l’épreuve, et c’est le préfet qui décide.

Reste une question que les textes ne tranchent pas encore clairement : un titulaire de la longue durée-UE qui demande ensuite la naturalisation devra-t-il repasser l’examen dans sa mention « naturalisation » ? Aujourd’hui, la réponse prudente est oui, car les mentions sont distinctes. Nous mettrons cet article à jour dès qu’une source officielle dira le contraire.

Préparez l'examen avec l'application